IDSD, bureau d'études structures

Comprendre le bâti ancien · Occitanie

Notions à connaître

Propriétaires fonciers, syndics de copropriété, gestionnaires ou exploitants : vous jouez un rôle clé dans la pérennité et la valorisation des bâtiments. Pour prendre les bonnes décisions et anticiper les désordres, il est essentiel de maîtriser les notions fondamentales du bâti ancien. Ces connaissances vous permettent d'assurer une gestion éclairée, d'optimiser l'entretien, d'améliorer la performance de vos bâtiments et de sécuriser votre patrimoine sur le long terme.

Mis à jour le

En bref

Malgré la diversité des désordres observés, leurs origines se regroupent autour de quelques familles de causes : la vétusté, l'humidité, la géotechnique, une mauvaise exécution des travaux sur une structure existante. Une fissure active est le signe d'un désordre toujours en cours ; une fissure passive est une fissure stabilisée qui n'évolue plus dans le temps.

400 000

Logements indignes estimés en France

60 %

Du parc collectif a plus de 50 ans

29 %

Des logements datent d'avant 1948

50 %

Du territoire exposé au retrait-gonflement des argiles

L'auteur de ce guide

Antoine Torres, ingénieur structures

Antoine Torres

Ingénieur structures

  • École des Mines d'Alès
  • Mastère Spécialisé CHEBAP
  • Sept ans d'expérience en structures
Qui sommes-nous

Les intervenants de l'acte de construire

Les différents intervenants de l'acte de construire

Chaque acteur joue un rôle clé à chaque étape du projet, dans le respect des règles techniques, réglementaires et environnementales.

Au cœur : l'acte de construire

  • Maître d'ouvrage

    • Porteur du projet et décisionnaire
    • Définit le besoin et le budget
    • Choisit les intervenants
    • Réceptionne l'ouvrage
  • Maître d'œuvre

    • Conçoit le projet
    • Élabore les plans et le planning
    • Consulte les entreprises
    • Assure le suivi des travaux
  • Bureau d'études

    IDSD
    • Réalise les études techniques (structure, fluides, thermique...)
    • Dimensionne les ouvrages
    • Propose des solutions techniques
  • Entreprises

    • Réalisent les travaux
    • Mobilisent les moyens humains et matériels
    • Assurent la qualité et les délais
  • Contrôle technique

    • Vérifie la conformité des travaux aux règles en vigueur
    • Émet des avis techniques
    • Participe à la prévention des risques
  • Coordonnateur SPS

    • Assure la sécurité et la protection de la santé sur le chantier
    • Élabore le Plan Général de Coordination
    • Coordonne les interventions
  • Assistance à maîtrise d'ouvrage

    IDSD
    • Accompagne le maître d'ouvrage dans la définition et la conduite du projet
    • Apporte une expertise technique, juridique, financière ou organisationnelle
    • Aide à la prise de décision
    • Réalisation des diagnostics des bâtiments existants
  • Administrations et collectivités

    • Délivrent les autorisations (permis de construire, déclarations...)
    • Veillent au respect des règles d'urbanisme et de construction
    • Contrôlent la conformité des travaux

La réussite d'un projet repose sur la collaboration et la complémentarité de tous ces intervenants. Chacun agit dans son domaine de compétence, au service d'un ouvrage sûr, durable et conforme.

La société IDSD vous accompagne à chaque étape de votre projet en tant que bureau d'études et assistant à maîtrise d'ouvrage (AMO). Grâce à son expertise technique et à sa connaissance des enjeux réglementaires, IDSD vous conseille dans la définition de vos besoins, la réalisation des études techniques, le suivi des consultations, ainsi que le pilotage et la coordination des différentes phases du projet.

L'évolution des réglementations au cours du temps

Les réglementations évoluent avec les connaissances sur les matériaux. Grâce aux avancées techniques et scientifiques, les normes sont régulièrement mises à jour afin d'améliorer les performances des matériaux, d'optimiser les méthodes de construction et de garantir la sécurité des ouvrages.

Matériaux béton

Béton · Eurocode 2
  1. 1

    Avant 1988

    Méthodes nationales

    • Règles empiriques et méthodes traditionnelles
    • Approche basée sur les contraintes admissibles
    • Faible prise en compte de la durabilité et de la ductilité

    Des règles basées sur l'expérience et des méthodes empiriques.

  2. 2

    1988

    BAEL 91

    • Première norme française unifiée
    • Méthode des états limites
    • Introduction des combinaisons d'actions
    • Prise en compte de la ductilité

    Structuration des règles françaises et introduction des états limites.

  3. 3

    1992-2004

    Eurocode 2, ENV 1992 (évolution)

    • Harmonisation européenne des règles de calcul
    • Méthode des états limites généralisée
    • Introduction des classes d'exposition
    • Approche basée sur la performance

    Harmonisation européenne et montée en précision des calculs.

  4. 4

    2004-2010

    Eurocode 2, EN 1992-1-1

    • Adoption des Eurocodes en France
    • Règles communes au niveau européen
    • Calculs plus précis et modèles matériaux améliorés
    • Renforcement de la durabilité des ouvrages

    Application des Eurocodes en France et amélioration de la performance.

  5. 5

    2010-2013

    Eurocode 2, EN 1992-1-1 + Annexes Nationales

    • Utilisation des Annexes Nationales (NA)
    • Adaptation aux spécificités françaises
    • Précisions sur les dispositions constructives et les matériaux

    Adaptation nationale aux pratiques et matériaux français.

  6. 6

    2013-aujourd'hui

    Eurocode 2, EN 1992-1-1 (évolutions en cours)

    • Prise en compte des enjeux environnementaux (bas carbone, économie circulaire)
    • Intégration des nouveaux matériaux et procédés
    • Approche globale performance et résilience

    Vers des ouvrages durables, bas carbone et résilients face aux enjeux futurs.

Matériaux métal

Métal · Eurocode 3
  1. 1

    Avant 1970

    Règles empiriques

    • Méthodes empiriques et règles issues du savoir-faire
    • Faible prise en compte des actions et des combinaisons
    • Sécurité basée sur des coefficients forfaitaires élevés

    Des pratiques traditionnelles et des savoir-faire transmis par l'expérience.

  2. 2

    1970-1992

    CM 66 / CCM 73

    • Règles semi-probabilistes (CM 66 puis CCM 73)
    • Introduction des combinaisons d'actions
    • Approche par contraintes admissibles
    • Prise en compte des instabilités élémentaires

    Structuration des règles et introduction des combinaisons et vérifications.

  3. 3

    1992-2005

    Eurocode 3, EN 1993-1-1 (évolution)

    • Adoption de l'Eurocode 3 au niveau européen
    • Méthode des états limites
    • Calculs basés sur la résistance et la stabilité
    • Introduction des classes de sections
    • Harmonisation des règles de conception

    Harmonisation européenne et passage à la méthode des états limites.

  4. 4

    2005-2010

    Mise en œuvre et approfondissements

    • Mise en œuvre nationale de l'Eurocode 3
    • Développement des Annexes Nationales (AN)
    • Précisions sur les assemblages, le flambement, la fatigue
    • Développement des logiciels de calcul et de conception

    Mise en œuvre nationale et approfondissement des connaissances et outils.

  5. 5

    2010-2020

    Performance et durabilité

    • Prise en compte renforcée de la performance au feu (Eurocode 3, partie 1-2)
    • Durabilité et protection contre la corrosion
    • Dimensionnement face à la fatigue et aux sollicitations dynamiques
    • Optimisation des structures métalliques

    Vers des ouvrages métalliques plus performants, durables et adaptés à des usages exigeants.

  6. 6

    2020-aujourd'hui

    Transition écologique et innovation

    • Intégration des enjeux bas carbone et économie circulaire
    • Utilisation d'aciers à haute performance
    • Conception pour le démontage et le réemploi
    • Digitalisation et modélisation BIM avancée

    Une réglementation tournée vers la transition écologique et l'innovation technologique.

Matériaux bois

Bois · Eurocode 5
  1. 1

    Avant 1995

    Règles empiriques

    • Calculs basés sur l'expérience et les usages
    • Méthodes empiriques simplifiées
    • Faible prise en compte des spécificités du matériau bois
    • Sécurité assurée par des coefficients forfaitaires élevés

    Des pratiques traditionnelles et des savoir-faire transmis par l'expérience.

  2. 2

    1995

    DTU Bois

    • Premiers DTU dédiés aux structures en bois (DTU 31.1 et 31.2)
    • Règles de calcul basées sur les contraintes admissibles
    • Prise en compte des essences et de l'humidité
    • Début de normalisation des assemblages

    Structuration des règles et reconnaissance du bois comme matériau de construction.

  3. 3

    2002-2005

    Eurocode 5 (EN 1995-1-1)

    • Adoption de l'Eurocode 5 en Europe
    • Méthodes de calcul aux états limites
    • Classification mécanique du bois et des matériaux dérivés
    • Approche probabiliste et fiabilisée
    • Harmonisation des règles de conception

    Harmonisation européenne et amélioration de la fiabilité des calculs.

  4. 4

    2005-2012

    Mise en œuvre et approfondissements

    • Enrichissement des règles nationales (Annexes Nationales)
    • Développement des connexions (assemblages mécaniques, connecteurs)
    • Prise en compte des actions sismiques et au feu
    • Développement des logiciels de calcul dédiés

    Montée en compétence des bureaux d'études et sécurisation des conceptions.

  5. 5

    2012-2020

    Performance et durabilité

    • Prise en compte renforcée du comportement au feu (Eurocode 5, partie 1-2)
    • Dimensionnement en situation d'incendie
    • Durabilité des ouvrages et protection du bois
    • Développement des bois reconstitués et des produits innovants

    Vers des ouvrages plus performants, durables et respectueux de l'environnement.

  6. 6

    2020-aujourd'hui

    Transition écologique et innovation

    • Prise en compte des enjeux climatiques et de l'analyse du cycle de vie
    • Intégration des matériaux biosourcés et bas carbone
    • Conception pour le démontage et réemploi
    • Innovation : bois lamellé-croisé, hybrides bois-béton, bois haute performance

    Une réglementation tournée vers la transition écologique et la construction durable.

Les principaux facteurs de dégradation du bâti existant

Malgré la diversité des désordres observés, leurs origines se regroupent généralement autour de quelques grandes familles de causes. Les identifier permet de mieux orienter le diagnostic et de cibler les points à examiner.

Charpente en bois calcinée après un incendie, pannes carbonisées sous un pignon en pierrePoutre calcinée après un incendie
01

La vétusté

Le vieillissement naturel des ouvrages entraîne une diminution progressive des performances des matériaux, notamment lorsque l'entretien est insuffisant.

02

L'humidité

L'eau est l'une des principales causes de dégradation des bâtiments. Les infiltrations, les fuites, les remontées capillaires ou encore la condensation fragilisent progressivement les matériaux.

03

Géotechnique

Depuis le 1er octobre 2020, la réglementation impose la réalisation d'une étude géotechnique pour les projets de maisons individuelles situés en zone de retrait-gonflement des argiles.

04

Une mauvaise exécution des travaux sur une structure existante

Une modification qui paraît mineure peut avoir des conséquences importantes sur la stabilité d'un bâtiment. La création d'une ouverture dans un mur porteur, l'agrandissement d'une vitrine ou une surcharge non prévue peuvent perturber la répartition des charges et fragiliser durablement la structure. Une étude préalable est indispensable pour garantir la sécurité et la pérennité de l'ouvrage.

05

Mauvaise conception ou mauvaise réalisation des travaux

Le respect des règles de l'art permet de concevoir et de réaliser des ouvrages conformes, durables et sécurisés. En appliquant les bonnes pratiques de construction, les risques de désordres et de sinistres sont considérablement réduits.

Fissures actives / Fissures passives

Plutôt rassurant

La fissure passive

Une fissure passive est une fissure stabilisée qui n'évolue plus dans le temps. Elle résulte d'un événement ponctuel ayant provoqué une concentration de contraintes dans la structure. Après la redistribution des efforts, le bâtiment retrouve un nouvel équilibre, ce qui explique l'absence d'évolution de la fissure.

À faire examiner

La fissure active

Une fissure active est le signe d'un désordre toujours en cours. Son évolution révèle qu'un problème affecte encore la structure ou les fondations du bâtiment. Avant toute réparation, il est indispensable d'identifier précisément l'origine de la fissure et de mettre en œuvre les travaux adaptés.

L'installation de capteurs de mouvement (fissuromètre) permet de surveiller l'évolution des fissures dans le temps. Ce suivi est indispensable pour déterminer si la fissure est stable (passive) ou évolutive (active), et ainsi orienter le diagnostic et les travaux de réparation les plus adaptés.

Un réflexe à retenir : ne rebouchez jamais une fissure douteuse dans l'urgence. La masquer revient à effacer le seul indicateur qui vous renseigne. Photographiez-la, datez-la, relevez sa largeur, puis faites-la examiner.

Les spécificités du bâti littoral languedocien

Les centres anciens de Narbonne, Béziers, Carcassonne ou Perpignan concentrent un patrimoine bâti d'une grande richesse, et des fragilités bien particulières. Ici, une part importante des immeubles est antérieure au béton armé : maçonnerie de pierre, pisé, torchis, colombages, terre crue. Ces modes constructifs offrent d'excellentes qualités hygrothermiques, mais ils sont sensibles à l'eau et aux vibrations, et réclament un œil averti lors d'un diagnostic.

Le sol ajoute sa propre signature. Une grande partie de la région est exposée au retrait-gonflement des argiles, dont l'alternance de sécheresses marquées et d'épisodes pluvieux intenses fait travailler les fondations. Du côté de Narbonne, la proximité des étangs et des sols salins ou humides crée des conditions supplémentaires de dégradation, entre remontées capillaires et agressivité des sels sur les maçonneries. Le climat méditerranéen, avec ses écarts thermiques et ses pluies brutales, accélère l'ensemble.

À cela s'ajoute une pression humaine forte sur des rez-de-chaussée commerciaux souvent transformés : vitrines agrandies, murs porteurs ouverts, usages modifiés. Autant de transformations qui, dans un immeuble ancien mitoyen, se répercutent parfois bien au-delà du local concerné. Diagnostiquer le bâti languedocien, c'est croiser cette histoire constructive, ce contexte de sol et cette réalité urbaine : un ancrage de terrain que nous revendiquons en Occitanie.

Garde-corps métallique fortement corrodé au droit de son scellement dans la façadeCorrosion avancée d'un garde-corps

Lexique du diagnostic structurel

Une fissure active, une descente de charges, un fissuromètre, une mesure conservatoire : autant de mots qui structurent un rapport d'expertise. Voici comment nous les employons, regroupés par thème. Chaque terme dispose de son ancre, pour être cité et partagé facilement.

Le diagnostic structurel et ses investigations

Du premier constat visuel aux investigations techniques, découvrez les principales méthodes utilisées pour comprendre l'état réel d'une structure et orienter les bonnes décisions.

Diagnostic structurel

Le diagnostic structurel consiste à évaluer la sécurité, la stabilité et l'état général d'un bâtiment. Il débute par une inspection visuelle approfondie, complétée par l'analyse des documents disponibles (plans, historiques, rapports, etc.). Lorsque cela est nécessaire, des investigations techniques sont réalisées afin de confirmer un diagnostic, d'identifier l'origine des désordres et de définir les solutions les plus adaptées : surveillance, réparations, renforcement ou mise en sécurité.

Depuis la loi du 9 avril 2024, les communes peuvent rendre ce diagnostic obligatoire pour certains immeubles situés dans des secteurs qu'elles ont délimités.

Comprendre le diagnostic structurel
Investigation

Une investigation regroupe l'ensemble des contrôles complémentaires réalisés lorsqu'une simple inspection visuelle ne permet pas de conclure avec certitude. Elle peut prendre la forme de sondages, de prélèvements, d'essais sur matériaux, de mesures ou d'études spécifiques.

Ces investigations permettent de confirmer les hypothèses, de caractériser précisément les désordres et de disposer des informations nécessaires pour établir un diagnostic fiable.

Essai

Un essai consiste à mesurer les performances réelles d'un matériau ou d'un élément de structure. Réalisé sur site ou en laboratoire, il permet notamment d'évaluer sa résistance, sa rigidité ou son comportement sous différents types de sollicitations.

Selon les besoins, l'essai peut être destructif ou non destructif. Il apporte des données objectives lorsque l'observation visuelle ne suffit plus.

Les instruments de mesure et de surveillance

Ces instruments permettent de suivre l'évolution d'un désordre dans le temps, d'en mesurer l'ampleur et de déterminer s'il est stable ou en progression.

Fissuromètre

Le fissuromètre mesure avec précision l'évolution de l'ouverture d'une fissure, en millimètres. Installé de part et d'autre de la fissure, il permet de vérifier si celle-ci est stable ou continue d'évoluer. Les modèles connectés transmettent automatiquement les mesures à distance pour un suivi continu. Objectif : distinguer une fissure active d'une fissure stabilisée.

Inclinomètre

L'inclinomètre contrôle les mouvements d'un ouvrage ou d'un terrain. Il détecte les variations d'inclinaison, les tassements, les basculements ou les déplacements différentiels, parfois imperceptibles à l'œil nu. Installé sur un mur, un poteau ou dans un forage, il permet de surveiller l'évolution d'un mouvement susceptible d'affecter la stabilité de l'ouvrage.

Sondes hygrométriques

Les sondes hygrométriques mesurent le taux d'humidité des matériaux ou de l'air ambiant. Elles permettent d'identifier les infiltrations, les remontées capillaires ou les phénomènes de condensation, souvent à l'origine de dégradations du bâti. Leur suivi dans le temps aide à comprendre l'origine des désordres avant qu'ils ne deviennent structurels.

Les mesures et les suites d'un diagnostic

Mesure conservatoire

La mesure conservatoire est mise en œuvre lorsqu'un risque immédiat est identifié. Son objectif est de sécuriser les personnes et de stabiliser provisoirement l'ouvrage, sans traiter définitivement la cause du désordre. Elle permet de maintenir un niveau de sécurité en attendant les investigations complémentaires ou les travaux définitifs. Exemples : étaiement, périmètre de sécurité, évacuation d'un bâtiment, limitation des charges.

Mesure de renforcement définitive

Elle intervient une fois l'origine du désordre identifiée afin de rétablir les performances et la stabilité de l'ouvrage. Les travaux sont définis en fonction des investigations réalisées et des priorités de sécurité. Exemples : renforcement structurel, reprise en sous-œuvre, réparation du béton armé, confortement d'une maçonnerie ou remplacement d'éléments dégradés.

Les notions de structure

Descente de charges

Le chemin que suivent les charges d'un bâtiment, de la toiture jusqu'aux fondations. La suivre pas à pas est le fil conducteur de toute lecture structurelle sérieuse.

Le bâti ancien, ses matériaux et son sol

Les matériaux et les sols que l'on croise sur le terrain en Occitanie, et les désordres qui leur sont propres.

Carbonatation

La carbonatation est un vieillissement naturel du béton. Avec le temps, le CO₂ de l'air pénètre dans le béton et réduit sa capacité à protéger les armatures en acier. Si celles-ci commencent à rouiller, elles peuvent provoquer des fissures et des dégradations du béton.

Focus par matériau
Épaufrure

Éclatement localisé du béton provoquant une perte de matière. Ce désordre peut résulter d'un choc, de la corrosion des armatures ou du vieillissement du béton.

Remontées capillaires

Remontée naturelle de l'humidité du sol par capillarité pouvant fragiliser les éléments porteurs.

Retrait-gonflement des argiles

Phénomène par lequel les sols argileux gonflent en absorbant l'eau puis se rétractent en séchant, imposant aux fondations des mouvements alternés. Sa sensibilité se classe selon le guide IFSTTAR et l'exposition d'une parcelle se vérifie sur le portail public Géorisques. Les sécheresses répétées en font un aléa de premier plan pour le bâti.

Les facteurs de dégradation

Focus sur une pathologie caractéristique de chaque matériau de construction

Corrosion des armatures de béton

La corrosion des armatures est l'une des pathologies les plus importantes du béton armé. Elle apparaît lorsque la protection naturelle assurée par le béton disparaît, principalement en raison de la carbonatation du béton ou de la pénétration de chlorures (sels de déverglaçage, environnement marin). Les infiltrations d'eau, un enrobage insuffisant des armatures, des fissures ou un béton de mauvaise qualité peuvent également favoriser ce phénomène.

Le mécanisme de corrosion, étape par étape

  1. 1
    Pénétration des agents agressifs dans le béton

    Le béton est initialement sain et résistant. Avec le temps, l'eau, le dioxyde de carbone (CO2) et l'oxygène traversent les pores du béton depuis l'environnement extérieur.

  2. 2
    Initiation de la carbonatation

    Le dioxyde de carbone réagit avec les constituants alcalins du béton. La zone carbonatée progresse jusqu'à atteindre les armatures, faisant diminuer leur protection naturelle.

  3. 3
    Début de la corrosion des armatures

    En présence d'humidité et d'oxygène, l'acier commence à rouiller. La corrosion se développe et entraîne une augmentation du volume des produits de corrosion.

  4. 4
    Fissuration et éclatement du béton

    La pression exercée par la corrosion fissure puis décolle l'enrobage de béton. Des éclats peuvent se détacher, laissant les armatures de plus en plus exposées. L'aspect du béton se dégrade visiblement.

  5. 5
    Perte de capacité et risque structurel

    À terme, la section des armatures diminue et leur adhérence avec le béton se détériore. La résistance de l'élément structural est compromise, jusqu'à un risque de rupture.

Humidité dans le bois

L'humidité est le principal facteur favorisant les attaques biologiques du bois. Elle permet le développement de champignons qui dégradent progressivement sa structure et crée un environnement propice aux insectes xylophages, tels que les termites, les capricornes ou les vrillettes. Ces organismes altèrent les propriétés mécaniques du bois et peuvent fragiliser durablement les éléments porteurs.

Les agents biologiques à l'origine des altérations

Les champignons

Organismes microscopiques qui dégradent le bois.

Champignons de dégradation

Ils modifient les propriétés mécaniques du bois.

Pourriture cubique

Le bois se fragmente en petits cubes et devient cassant.

  • Mérule
  • Coniophore des caves
  • Gloeophyllum
  • Poria
  • Antrodia

Pourriture fibreuse

Le bois se délite dans le sens des fibres et devient spongieux.

  • Polypores des caves
  • Tramètes

Pourriture molle

Le bois devient mou et perd sa consistance.

Champignons de coloration

Ils ne dégradent pas le bois, mais en altèrent l'aspect.

Taches d'humidité

Marques provoquées par un excès d'eau dans le bois.

Bleuissement

Coloration bleutée superficielle du bois, sans perte de résistance.

Les insectes

Insectes qui se nourrissent du bois à différents stades de leur développement.

Insectes xylophages du bois frais

Ils s'attaquent au bois récemment coupé ou encore humide.

  • Capricorne des maisons
  • Sirex

Insectes xylophages du bois d'œuvre

Ils attaquent le bois sec utilisé dans la construction.

  • Capricorne des maisons
  • Hespérophane
  • Lyctus
  • Vrillettes
  • Charançons
  • Termites

Insectes sociaux

Ils vivent en colonie dans le bois.

  • Fourmis charpentières
  • Abeilles charpentières
Les organismes marins

Organismes vivant en milieu marin et responsables d'attaques sur les bois immergés ou en zone littorale.

Foreurs marins

Animaux perceurs qui creusent des galeries dans le bois.

  • Les tarets
  • Les pholades
  • Les crustacés foreurs

Algues et végétaux marins

Organismes fixés ou flottants qui favorisent la dégradation des bois en milieu marin.

  • Les algues
  • Quelques crustacés
  • Le plancton

Termites : les départements sous arrêté préfectoral

Dans les départements concernés, un arrêté préfectoral encadre la lutte contre les termites et impose notamment un état relatif à leur présence en cas de vente. L'Aude et l'Hérault sont couverts sur l'ensemble de leur territoire, les Pyrénées-Orientales en partie.

Ain (01) : aucune informationAisne (02) : aucune informationAllier (03) : aucune informationAlpes-de-Haute-Provence (04) : aucune informationHautes-Alpes (05) : aucune informationAlpes-Maritimes (06) : arrêté sur une partie du départementArdèche (07) : aucune informationArdennes (08) : aucune informationAriège (09) : arrêté sur une partie du départementAube (10) : aucune informationAude (11) : arrêté sur l'ensemble du départementAveyron (12) : arrêté sur l'ensemble du départementBouches-du-Rhône (13) : arrêté sur l'ensemble du départementCalvados (14) : aucune informationCantal (15) : arrêté sur une partie du départementCharente (16) : arrêté sur l'ensemble du départementCharente-Maritime (17) : arrêté sur l'ensemble du départementCher (18) : arrêté sur une partie du départementCorrèze (19) : arrêté sur une partie du départementCôte-d'Or (21) : aucune informationCôtes-d'Armor (22) : aucune informationCreuse (23) : aucune informationDordogne (24) : arrêté sur l'ensemble du départementDoubs (25) : aucune informationDrôme (26) : arrêté sur une partie du départementEure (27) : aucune informationEure-et-Loir (28) : aucune informationFinistère (29) : aucune informationCorse-du-Sud (2A) : arrêté sur l'ensemble du départementHaute-Corse (2B) : arrêté sur l'ensemble du départementGard (30) : arrêté sur l'ensemble du départementHaute-Garonne (31) : arrêté sur l'ensemble du départementGers (32) : arrêté sur l'ensemble du départementGironde (33) : arrêté sur l'ensemble du départementHérault (34) : arrêté sur l'ensemble du départementIlle-et-Vilaine (35) : arrêté sur une partie du départementIndre (36) : arrêté sur une partie du départementIndre-et-Loire (37) : arrêté sur l'ensemble du départementIsère (38) : arrêté sur une partie du départementJura (39) : aucune informationLandes (40) : arrêté sur l'ensemble du départementLoir-et-Cher (41) : arrêté sur une partie du départementLoire (42) : aucune informationHaute-Loire (43) : aucune informationLoire-Atlantique (44) : arrêté sur une partie du départementLoiret (45) : aucune informationLot (46) : arrêté sur l'ensemble du départementLot-et-Garonne (47) : arrêté sur l'ensemble du départementLozère (48) : aucune informationMaine-et-Loire (49) : arrêté sur une partie du départementManche (50) : aucune informationMarne (51) : aucune informationHaute-Marne (52) : aucune informationMayenne (53) : aucune informationMeurthe-et-Moselle (54) : aucune informationMeuse (55) : aucune informationMorbihan (56) : arrêté sur une partie du départementMoselle (57) : aucune informationNièvre (58) : aucune informationNord (59) : aucune informationOise (60) : arrêté sur une partie du départementOrne (61) : aucune informationPas-de-Calais (62) : arrêté sur une partie du départementPuy-de-Dôme (63) : aucune informationPyrénées-Atlantiques (64) : arrêté sur une partie du départementHautes-Pyrénées (65) : arrêté sur l'ensemble du départementPyrénées-Orientales (66) : arrêté sur une partie du départementBas-Rhin (67) : aucune informationHaut-Rhin (68) : aucune informationRhône (69) : arrêté sur une partie du départementHaute-Saône (70) : aucune informationSaône-et-Loire (71) : aucune informationSarthe (72) : arrêté sur l'ensemble du départementSavoie (73) : aucune informationHaute-Savoie (74) : aucune informationParis (75) : arrêté sur l'ensemble du départementSeine-Maritime (76) : arrêté sur une partie du départementSeine-et-Marne (77) : aucune informationYvelines (78) : arrêté sur une partie du départementDeux-Sèvres (79) : arrêté sur une partie du départementSomme (80) : aucune informationTarn (81) : arrêté sur l'ensemble du départementTarn-et-Garonne (82) : arrêté sur l'ensemble du départementVar (83) : arrêté sur une partie du départementVaucluse (84) : arrêté sur une partie du départementVendée (85) : arrêté sur l'ensemble du départementVienne (86) : arrêté sur une partie du départementHaute-Vienne (87) : aucune informationVosges (88) : aucune informationYonne (89) : aucune informationTerritoire de Belfort (90) : aucune informationEssonne (91) : arrêté sur une partie du départementHauts-de-Seine (92) : arrêté sur l'ensemble du départementSeine-Saint-Denis (93) : arrêté sur une partie du départementVal-de-Marne (94) : arrêté sur une partie du départementVal-d'Oise (95) : arrêté sur une partie du département
  • Arrêté sur l'ensemble du département
  • Arrêté sur une partie du département
  • Aucune information

Outre-mer

  • Guadeloupe
  • Martinique
  • Guyane
  • Réunion
  • Mayotte

Source : Observatoire national termite (FCBA), termite.com.fr, consulté en juillet 2026. Donnée informative : l'information des mairies et des préfectures reste la référence officielle.

Les instabilités en structure métallique

Une instabilité est un phénomène qui se produit lorsqu'une pièce métallique se déforme brusquement sous l'effet d'une charge, avant même d'atteindre la limite de résistance de l'acier. Il ne s'agit donc pas d'un problème lié à la qualité ou à la résistance du matériau, mais à la géométrie de la pièce et à la manière dont elle est sollicitée. C'est pourquoi la vérification de la stabilité est essentielle lors du dimensionnement des structures métalliques, afin de garantir leur sécurité et leur performance.

1

Flambement

instabilité des éléments comprimés

État initialAprès flambement
  • Apparaît dans les poteaux ou montants comprimés.
  • La pièce se courbe latéralement au lieu de rester droite.

Exemple : un poteau élancé sous compression.

2

Déversement

instabilité des poutres fléchies

Charge verticaleAprès déversement
  • Concerne les poutres sollicitées en flexion.
  • La poutre se déplace sur le côté et tourne simultanément.
  • Se produit si la semelle comprimée n'est pas suffisamment maintenue latéralement.

Exemple : poutre de plancher sans contreventement latéral.

3

Voilement local

instabilité des parois minces

Paroi planeParoi voilée
  • Concerne les parties minces d'un profilé.
  • Une partie de la tôle se déforme localement (gondole).
  • Favorisé par un grand rapport largeur sur épaisseur.

Exemple : âme mince d'une poutre en I.

Apprendre en s'amusant

Sauriez-vous repérer les désordres d'un immeuble ancien ?

Nous avons conçu un jeu pédagogique pour entraîner l'œil : un atelier de formation sur les pathologies où vous identifiez fissures, infiltrations et transformations à risque. Idéal pour les conseils syndicaux, les élus et les curieux du bâti.

Questions fréquentes

Peut-on vendre une maison présentant des fissures ?

La présence de fissures n'empêche pas la vente d'un bien immobilier. En revanche, il est indispensable d'en identifier l'origine, d'évaluer leur gravité et de vérifier leur évolution. Une expertise apporte un avis technique objectif, rassure les futurs acquéreurs et permet de sécuriser la transaction en toute transparence.

Pourquoi une fissure est apparue sur ma maison ?

Une fissure apparaît lorsqu'un bâtiment est soumis à des contraintes qu'il ne peut plus absorber. Son origine peut être liée aux mouvements du sol, aux fondations, au vieillissement des matériaux, à l'humidité ou à des modifications de la structure. Un diagnostic permet d'identifier précisément la cause de la fissure, d'évaluer son niveau de gravité et de mettre en œuvre les solutions les plus adaptées.

Une fissure de bâtiment est-elle toujours liée aux fondations ?

Non. Les fondations ne sont pas les seules responsables des fissures.

Comment surveiller l'évolution d'une fissure de ma maison ?

Pour surveiller l'évolution d'une fissure, il est recommandé d'installer un fissuromètre ou un témoin de fissure. Ces dispositifs permettent de mesurer avec précision les variations de l'ouverture de la fissure au fil du temps.

Un désordre structurel à faire expertiser ?

Diagnostic indépendant, sans conflit d'intérêts.