En bref
Malgré la diversité des désordres observés, leurs origines se regroupent autour de quelques familles de causes : la vétusté, l'humidité, la géotechnique, une mauvaise exécution des travaux sur une structure existante. Une fissure active est le signe d'un désordre toujours en cours ; une fissure passive est une fissure stabilisée qui n'évolue plus dans le temps.
Logements indignes estimés en France
Du parc collectif a plus de 50 ans
Des logements datent d'avant 1948
Du territoire exposé au retrait-gonflement des argiles
L'auteur de ce guide

Antoine Torres
Ingénieur structures
- École des Mines d'Alès
- Mastère Spécialisé CHEBAP
- Sept ans d'expérience en structures
Les intervenants de l'acte de construire
Les différents intervenants de l'acte de construire
Chaque acteur joue un rôle clé à chaque étape du projet, dans le respect des règles techniques, réglementaires et environnementales.
Au cœur : l'acte de construire
Maître d'ouvrage
- Porteur du projet et décisionnaire
- Définit le besoin et le budget
- Choisit les intervenants
- Réceptionne l'ouvrage
Maître d'œuvre
- Conçoit le projet
- Élabore les plans et le planning
- Consulte les entreprises
- Assure le suivi des travaux
Bureau d'études
IDSD- Réalise les études techniques (structure, fluides, thermique...)
- Dimensionne les ouvrages
- Propose des solutions techniques
Entreprises
- Réalisent les travaux
- Mobilisent les moyens humains et matériels
- Assurent la qualité et les délais
Contrôle technique
- Vérifie la conformité des travaux aux règles en vigueur
- Émet des avis techniques
- Participe à la prévention des risques
Coordonnateur SPS
- Assure la sécurité et la protection de la santé sur le chantier
- Élabore le Plan Général de Coordination
- Coordonne les interventions
Assistance à maîtrise d'ouvrage
IDSD- Accompagne le maître d'ouvrage dans la définition et la conduite du projet
- Apporte une expertise technique, juridique, financière ou organisationnelle
- Aide à la prise de décision
- Réalisation des diagnostics des bâtiments existants
Administrations et collectivités
- Délivrent les autorisations (permis de construire, déclarations...)
- Veillent au respect des règles d'urbanisme et de construction
- Contrôlent la conformité des travaux
La réussite d'un projet repose sur la collaboration et la complémentarité de tous ces intervenants. Chacun agit dans son domaine de compétence, au service d'un ouvrage sûr, durable et conforme.
La société IDSD vous accompagne à chaque étape de votre projet en tant que bureau d'études et assistant à maîtrise d'ouvrage (AMO). Grâce à son expertise technique et à sa connaissance des enjeux réglementaires, IDSD vous conseille dans la définition de vos besoins, la réalisation des études techniques, le suivi des consultations, ainsi que le pilotage et la coordination des différentes phases du projet.
L'évolution des réglementations au cours du temps
Les réglementations évoluent avec les connaissances sur les matériaux. Grâce aux avancées techniques et scientifiques, les normes sont régulièrement mises à jour afin d'améliorer les performances des matériaux, d'optimiser les méthodes de construction et de garantir la sécurité des ouvrages.
Matériaux béton
Béton · Eurocode 2- 1
Avant 1988
Méthodes nationales
- Règles empiriques et méthodes traditionnelles
- Approche basée sur les contraintes admissibles
- Faible prise en compte de la durabilité et de la ductilité
Des règles basées sur l'expérience et des méthodes empiriques.
- 2
1988
BAEL 91
- Première norme française unifiée
- Méthode des états limites
- Introduction des combinaisons d'actions
- Prise en compte de la ductilité
Structuration des règles françaises et introduction des états limites.
- 3
1992-2004
Eurocode 2, ENV 1992 (évolution)
- Harmonisation européenne des règles de calcul
- Méthode des états limites généralisée
- Introduction des classes d'exposition
- Approche basée sur la performance
Harmonisation européenne et montée en précision des calculs.
- 4
2004-2010
Eurocode 2, EN 1992-1-1
- Adoption des Eurocodes en France
- Règles communes au niveau européen
- Calculs plus précis et modèles matériaux améliorés
- Renforcement de la durabilité des ouvrages
Application des Eurocodes en France et amélioration de la performance.
- 5
2010-2013
Eurocode 2, EN 1992-1-1 + Annexes Nationales
- Utilisation des Annexes Nationales (NA)
- Adaptation aux spécificités françaises
- Précisions sur les dispositions constructives et les matériaux
Adaptation nationale aux pratiques et matériaux français.
- 6
2013-aujourd'hui
Eurocode 2, EN 1992-1-1 (évolutions en cours)
- Prise en compte des enjeux environnementaux (bas carbone, économie circulaire)
- Intégration des nouveaux matériaux et procédés
- Approche globale performance et résilience
Vers des ouvrages durables, bas carbone et résilients face aux enjeux futurs.
Matériaux métal
Métal · Eurocode 3- 1
Avant 1970
Règles empiriques
- Méthodes empiriques et règles issues du savoir-faire
- Faible prise en compte des actions et des combinaisons
- Sécurité basée sur des coefficients forfaitaires élevés
Des pratiques traditionnelles et des savoir-faire transmis par l'expérience.
- 2
1970-1992
CM 66 / CCM 73
- Règles semi-probabilistes (CM 66 puis CCM 73)
- Introduction des combinaisons d'actions
- Approche par contraintes admissibles
- Prise en compte des instabilités élémentaires
Structuration des règles et introduction des combinaisons et vérifications.
- 3
1992-2005
Eurocode 3, EN 1993-1-1 (évolution)
- Adoption de l'Eurocode 3 au niveau européen
- Méthode des états limites
- Calculs basés sur la résistance et la stabilité
- Introduction des classes de sections
- Harmonisation des règles de conception
Harmonisation européenne et passage à la méthode des états limites.
- 4
2005-2010
Mise en œuvre et approfondissements
- Mise en œuvre nationale de l'Eurocode 3
- Développement des Annexes Nationales (AN)
- Précisions sur les assemblages, le flambement, la fatigue
- Développement des logiciels de calcul et de conception
Mise en œuvre nationale et approfondissement des connaissances et outils.
- 5
2010-2020
Performance et durabilité
- Prise en compte renforcée de la performance au feu (Eurocode 3, partie 1-2)
- Durabilité et protection contre la corrosion
- Dimensionnement face à la fatigue et aux sollicitations dynamiques
- Optimisation des structures métalliques
Vers des ouvrages métalliques plus performants, durables et adaptés à des usages exigeants.
- 6
2020-aujourd'hui
Transition écologique et innovation
- Intégration des enjeux bas carbone et économie circulaire
- Utilisation d'aciers à haute performance
- Conception pour le démontage et le réemploi
- Digitalisation et modélisation BIM avancée
Une réglementation tournée vers la transition écologique et l'innovation technologique.
Matériaux bois
Bois · Eurocode 5- 1
Avant 1995
Règles empiriques
- Calculs basés sur l'expérience et les usages
- Méthodes empiriques simplifiées
- Faible prise en compte des spécificités du matériau bois
- Sécurité assurée par des coefficients forfaitaires élevés
Des pratiques traditionnelles et des savoir-faire transmis par l'expérience.
- 2
1995
DTU Bois
- Premiers DTU dédiés aux structures en bois (DTU 31.1 et 31.2)
- Règles de calcul basées sur les contraintes admissibles
- Prise en compte des essences et de l'humidité
- Début de normalisation des assemblages
Structuration des règles et reconnaissance du bois comme matériau de construction.
- 3
2002-2005
Eurocode 5 (EN 1995-1-1)
- Adoption de l'Eurocode 5 en Europe
- Méthodes de calcul aux états limites
- Classification mécanique du bois et des matériaux dérivés
- Approche probabiliste et fiabilisée
- Harmonisation des règles de conception
Harmonisation européenne et amélioration de la fiabilité des calculs.
- 4
2005-2012
Mise en œuvre et approfondissements
- Enrichissement des règles nationales (Annexes Nationales)
- Développement des connexions (assemblages mécaniques, connecteurs)
- Prise en compte des actions sismiques et au feu
- Développement des logiciels de calcul dédiés
Montée en compétence des bureaux d'études et sécurisation des conceptions.
- 5
2012-2020
Performance et durabilité
- Prise en compte renforcée du comportement au feu (Eurocode 5, partie 1-2)
- Dimensionnement en situation d'incendie
- Durabilité des ouvrages et protection du bois
- Développement des bois reconstitués et des produits innovants
Vers des ouvrages plus performants, durables et respectueux de l'environnement.
- 6
2020-aujourd'hui
Transition écologique et innovation
- Prise en compte des enjeux climatiques et de l'analyse du cycle de vie
- Intégration des matériaux biosourcés et bas carbone
- Conception pour le démontage et réemploi
- Innovation : bois lamellé-croisé, hybrides bois-béton, bois haute performance
Une réglementation tournée vers la transition écologique et la construction durable.
Les principaux facteurs de dégradation du bâti existant
Malgré la diversité des désordres observés, leurs origines se regroupent généralement autour de quelques grandes familles de causes. Les identifier permet de mieux orienter le diagnostic et de cibler les points à examiner.
Poutre calcinée après un incendieLa vétusté
Le vieillissement naturel des ouvrages entraîne une diminution progressive des performances des matériaux, notamment lorsque l'entretien est insuffisant.
L'humidité
L'eau est l'une des principales causes de dégradation des bâtiments. Les infiltrations, les fuites, les remontées capillaires ou encore la condensation fragilisent progressivement les matériaux.
Géotechnique
Depuis le 1er octobre 2020, la réglementation impose la réalisation d'une étude géotechnique pour les projets de maisons individuelles situés en zone de retrait-gonflement des argiles.
Une mauvaise exécution des travaux sur une structure existante
Une modification qui paraît mineure peut avoir des conséquences importantes sur la stabilité d'un bâtiment. La création d'une ouverture dans un mur porteur, l'agrandissement d'une vitrine ou une surcharge non prévue peuvent perturber la répartition des charges et fragiliser durablement la structure. Une étude préalable est indispensable pour garantir la sécurité et la pérennité de l'ouvrage.
Mauvaise conception ou mauvaise réalisation des travaux
Le respect des règles de l'art permet de concevoir et de réaliser des ouvrages conformes, durables et sécurisés. En appliquant les bonnes pratiques de construction, les risques de désordres et de sinistres sont considérablement réduits.
Fissures actives / Fissures passives
Plutôt rassurant
La fissure passive
Une fissure passive est une fissure stabilisée qui n'évolue plus dans le temps. Elle résulte d'un événement ponctuel ayant provoqué une concentration de contraintes dans la structure. Après la redistribution des efforts, le bâtiment retrouve un nouvel équilibre, ce qui explique l'absence d'évolution de la fissure.
À faire examiner
La fissure active
Une fissure active est le signe d'un désordre toujours en cours. Son évolution révèle qu'un problème affecte encore la structure ou les fondations du bâtiment. Avant toute réparation, il est indispensable d'identifier précisément l'origine de la fissure et de mettre en œuvre les travaux adaptés.
L'installation de capteurs de mouvement (fissuromètre) permet de surveiller l'évolution des fissures dans le temps. Ce suivi est indispensable pour déterminer si la fissure est stable (passive) ou évolutive (active), et ainsi orienter le diagnostic et les travaux de réparation les plus adaptés.
Un réflexe à retenir : ne rebouchez jamais une fissure douteuse dans l'urgence. La masquer revient à effacer le seul indicateur qui vous renseigne. Photographiez-la, datez-la, relevez sa largeur, puis faites-la examiner.
Les spécificités du bâti littoral languedocien
Les centres anciens de Narbonne, Béziers, Carcassonne ou Perpignan concentrent un patrimoine bâti d'une grande richesse, et des fragilités bien particulières. Ici, une part importante des immeubles est antérieure au béton armé : maçonnerie de pierre, pisé, torchis, colombages, terre crue. Ces modes constructifs offrent d'excellentes qualités hygrothermiques, mais ils sont sensibles à l'eau et aux vibrations, et réclament un œil averti lors d'un diagnostic.
Le sol ajoute sa propre signature. Une grande partie de la région est exposée au retrait-gonflement des argiles, dont l'alternance de sécheresses marquées et d'épisodes pluvieux intenses fait travailler les fondations. Du côté de Narbonne, la proximité des étangs et des sols salins ou humides crée des conditions supplémentaires de dégradation, entre remontées capillaires et agressivité des sels sur les maçonneries. Le climat méditerranéen, avec ses écarts thermiques et ses pluies brutales, accélère l'ensemble.
À cela s'ajoute une pression humaine forte sur des rez-de-chaussée commerciaux souvent transformés : vitrines agrandies, murs porteurs ouverts, usages modifiés. Autant de transformations qui, dans un immeuble ancien mitoyen, se répercutent parfois bien au-delà du local concerné. Diagnostiquer le bâti languedocien, c'est croiser cette histoire constructive, ce contexte de sol et cette réalité urbaine : un ancrage de terrain que nous revendiquons en Occitanie.
Corrosion avancée d'un garde-corpsLexique du diagnostic structurel
Une fissure active, une descente de charges, un fissuromètre, une mesure conservatoire : autant de mots qui structurent un rapport d'expertise. Voici comment nous les employons, regroupés par thème. Chaque terme dispose de son ancre, pour être cité et partagé facilement.
Le diagnostic structurel et ses investigations
Du premier constat visuel aux investigations techniques, découvrez les principales méthodes utilisées pour comprendre l'état réel d'une structure et orienter les bonnes décisions.
- Diagnostic structurel
Le diagnostic structurel consiste à évaluer la sécurité, la stabilité et l'état général d'un bâtiment. Il débute par une inspection visuelle approfondie, complétée par l'analyse des documents disponibles (plans, historiques, rapports, etc.). Lorsque cela est nécessaire, des investigations techniques sont réalisées afin de confirmer un diagnostic, d'identifier l'origine des désordres et de définir les solutions les plus adaptées : surveillance, réparations, renforcement ou mise en sécurité.
Depuis la loi du 9 avril 2024, les communes peuvent rendre ce diagnostic obligatoire pour certains immeubles situés dans des secteurs qu'elles ont délimités.
Comprendre le diagnostic structurel- Investigation
Une investigation regroupe l'ensemble des contrôles complémentaires réalisés lorsqu'une simple inspection visuelle ne permet pas de conclure avec certitude. Elle peut prendre la forme de sondages, de prélèvements, d'essais sur matériaux, de mesures ou d'études spécifiques.
Ces investigations permettent de confirmer les hypothèses, de caractériser précisément les désordres et de disposer des informations nécessaires pour établir un diagnostic fiable.
- Essai
Un essai consiste à mesurer les performances réelles d'un matériau ou d'un élément de structure. Réalisé sur site ou en laboratoire, il permet notamment d'évaluer sa résistance, sa rigidité ou son comportement sous différents types de sollicitations.
Selon les besoins, l'essai peut être destructif ou non destructif. Il apporte des données objectives lorsque l'observation visuelle ne suffit plus.
Les instruments de mesure et de surveillance
Ces instruments permettent de suivre l'évolution d'un désordre dans le temps, d'en mesurer l'ampleur et de déterminer s'il est stable ou en progression.
- Fissuromètre
Le fissuromètre mesure avec précision l'évolution de l'ouverture d'une fissure, en millimètres. Installé de part et d'autre de la fissure, il permet de vérifier si celle-ci est stable ou continue d'évoluer. Les modèles connectés transmettent automatiquement les mesures à distance pour un suivi continu. Objectif : distinguer une fissure active d'une fissure stabilisée.
- Inclinomètre
L'inclinomètre contrôle les mouvements d'un ouvrage ou d'un terrain. Il détecte les variations d'inclinaison, les tassements, les basculements ou les déplacements différentiels, parfois imperceptibles à l'œil nu. Installé sur un mur, un poteau ou dans un forage, il permet de surveiller l'évolution d'un mouvement susceptible d'affecter la stabilité de l'ouvrage.
- Sondes hygrométriques
Les sondes hygrométriques mesurent le taux d'humidité des matériaux ou de l'air ambiant. Elles permettent d'identifier les infiltrations, les remontées capillaires ou les phénomènes de condensation, souvent à l'origine de dégradations du bâti. Leur suivi dans le temps aide à comprendre l'origine des désordres avant qu'ils ne deviennent structurels.
Les mesures et les suites d'un diagnostic
- Mesure conservatoire
La mesure conservatoire est mise en œuvre lorsqu'un risque immédiat est identifié. Son objectif est de sécuriser les personnes et de stabiliser provisoirement l'ouvrage, sans traiter définitivement la cause du désordre. Elle permet de maintenir un niveau de sécurité en attendant les investigations complémentaires ou les travaux définitifs. Exemples : étaiement, périmètre de sécurité, évacuation d'un bâtiment, limitation des charges.
- Mesure de renforcement définitive
Elle intervient une fois l'origine du désordre identifiée afin de rétablir les performances et la stabilité de l'ouvrage. Les travaux sont définis en fonction des investigations réalisées et des priorités de sécurité. Exemples : renforcement structurel, reprise en sous-œuvre, réparation du béton armé, confortement d'une maçonnerie ou remplacement d'éléments dégradés.
Les notions de structure
- Descente de charges
Le chemin que suivent les charges d'un bâtiment, de la toiture jusqu'aux fondations. La suivre pas à pas est le fil conducteur de toute lecture structurelle sérieuse.
Le bâti ancien, ses matériaux et son sol
Les matériaux et les sols que l'on croise sur le terrain en Occitanie, et les désordres qui leur sont propres.
- Carbonatation
La carbonatation est un vieillissement naturel du béton. Avec le temps, le CO₂ de l'air pénètre dans le béton et réduit sa capacité à protéger les armatures en acier. Si celles-ci commencent à rouiller, elles peuvent provoquer des fissures et des dégradations du béton.
Focus par matériau- Épaufrure
Éclatement localisé du béton provoquant une perte de matière. Ce désordre peut résulter d'un choc, de la corrosion des armatures ou du vieillissement du béton.
- Remontées capillaires
Remontée naturelle de l'humidité du sol par capillarité pouvant fragiliser les éléments porteurs.
- Retrait-gonflement des argiles
Phénomène par lequel les sols argileux gonflent en absorbant l'eau puis se rétractent en séchant, imposant aux fondations des mouvements alternés. Sa sensibilité se classe selon le guide IFSTTAR et l'exposition d'une parcelle se vérifie sur le portail public Géorisques. Les sécheresses répétées en font un aléa de premier plan pour le bâti.
Les facteurs de dégradation
Focus sur une pathologie caractéristique de chaque matériau de construction
Corrosion des armatures de béton
La corrosion des armatures est l'une des pathologies les plus importantes du béton armé. Elle apparaît lorsque la protection naturelle assurée par le béton disparaît, principalement en raison de la carbonatation du béton ou de la pénétration de chlorures (sels de déverglaçage, environnement marin). Les infiltrations d'eau, un enrobage insuffisant des armatures, des fissures ou un béton de mauvaise qualité peuvent également favoriser ce phénomène.
Le mécanisme de corrosion, étape par étape
- 1
Pénétration des agents agressifs dans le béton
Le béton est initialement sain et résistant. Avec le temps, l'eau, le dioxyde de carbone (CO2) et l'oxygène traversent les pores du béton depuis l'environnement extérieur.
- 2
Initiation de la carbonatation
Le dioxyde de carbone réagit avec les constituants alcalins du béton. La zone carbonatée progresse jusqu'à atteindre les armatures, faisant diminuer leur protection naturelle.
- 3
Début de la corrosion des armatures
En présence d'humidité et d'oxygène, l'acier commence à rouiller. La corrosion se développe et entraîne une augmentation du volume des produits de corrosion.
- 4
Fissuration et éclatement du béton
La pression exercée par la corrosion fissure puis décolle l'enrobage de béton. Des éclats peuvent se détacher, laissant les armatures de plus en plus exposées. L'aspect du béton se dégrade visiblement.
- 5
Perte de capacité et risque structurel
À terme, la section des armatures diminue et leur adhérence avec le béton se détériore. La résistance de l'élément structural est compromise, jusqu'à un risque de rupture.
Humidité dans le bois
L'humidité est le principal facteur favorisant les attaques biologiques du bois. Elle permet le développement de champignons qui dégradent progressivement sa structure et crée un environnement propice aux insectes xylophages, tels que les termites, les capricornes ou les vrillettes. Ces organismes altèrent les propriétés mécaniques du bois et peuvent fragiliser durablement les éléments porteurs.
Les agents biologiques à l'origine des altérations
Les champignons
Organismes microscopiques qui dégradent le bois.
Champignons de dégradation
Ils modifient les propriétés mécaniques du bois.
Pourriture cubique
Le bois se fragmente en petits cubes et devient cassant.
- Mérule
- Coniophore des caves
- Gloeophyllum
- Poria
- Antrodia
Pourriture fibreuse
Le bois se délite dans le sens des fibres et devient spongieux.
- Polypores des caves
- Tramètes
Pourriture molle
Le bois devient mou et perd sa consistance.
Champignons de coloration
Ils ne dégradent pas le bois, mais en altèrent l'aspect.
Taches d'humidité
Marques provoquées par un excès d'eau dans le bois.
Bleuissement
Coloration bleutée superficielle du bois, sans perte de résistance.
Les insectes
Insectes qui se nourrissent du bois à différents stades de leur développement.
Insectes xylophages du bois frais
Ils s'attaquent au bois récemment coupé ou encore humide.
- Capricorne des maisons
- Sirex
Insectes xylophages du bois d'œuvre
Ils attaquent le bois sec utilisé dans la construction.
- Capricorne des maisons
- Hespérophane
- Lyctus
- Vrillettes
- Charançons
- Termites
Insectes sociaux
Ils vivent en colonie dans le bois.
- Fourmis charpentières
- Abeilles charpentières
Les organismes marins
Organismes vivant en milieu marin et responsables d'attaques sur les bois immergés ou en zone littorale.
Foreurs marins
Animaux perceurs qui creusent des galeries dans le bois.
- Les tarets
- Les pholades
- Les crustacés foreurs
Algues et végétaux marins
Organismes fixés ou flottants qui favorisent la dégradation des bois en milieu marin.
- Les algues
- Quelques crustacés
- Le plancton
Termites : les départements sous arrêté préfectoral
Dans les départements concernés, un arrêté préfectoral encadre la lutte contre les termites et impose notamment un état relatif à leur présence en cas de vente. L'Aude et l'Hérault sont couverts sur l'ensemble de leur territoire, les Pyrénées-Orientales en partie.
- Arrêté sur l'ensemble du département
- Arrêté sur une partie du département
- Aucune information
Outre-mer
- Guadeloupe
- Martinique
- Guyane
- Réunion
- Mayotte
Source : Observatoire national termite (FCBA), termite.com.fr, consulté en juillet 2026. Donnée informative : l'information des mairies et des préfectures reste la référence officielle.
Les instabilités en structure métallique
Une instabilité est un phénomène qui se produit lorsqu'une pièce métallique se déforme brusquement sous l'effet d'une charge, avant même d'atteindre la limite de résistance de l'acier. Il ne s'agit donc pas d'un problème lié à la qualité ou à la résistance du matériau, mais à la géométrie de la pièce et à la manière dont elle est sollicitée. C'est pourquoi la vérification de la stabilité est essentielle lors du dimensionnement des structures métalliques, afin de garantir leur sécurité et leur performance.
Flambement
instabilité des éléments comprimés
- Apparaît dans les poteaux ou montants comprimés.
- La pièce se courbe latéralement au lieu de rester droite.
Exemple : un poteau élancé sous compression.
Déversement
instabilité des poutres fléchies
- Concerne les poutres sollicitées en flexion.
- La poutre se déplace sur le côté et tourne simultanément.
- Se produit si la semelle comprimée n'est pas suffisamment maintenue latéralement.
Exemple : poutre de plancher sans contreventement latéral.
Voilement local
instabilité des parois minces
- Concerne les parties minces d'un profilé.
- Une partie de la tôle se déforme localement (gondole).
- Favorisé par un grand rapport largeur sur épaisseur.
Exemple : âme mince d'une poutre en I.
Apprendre en s'amusant
Sauriez-vous repérer les désordres d'un immeuble ancien ?
Nous avons conçu un jeu pédagogique pour entraîner l'œil : un atelier de formation sur les pathologies où vous identifiez fissures, infiltrations et transformations à risque. Idéal pour les conseils syndicaux, les élus et les curieux du bâti.
Questions fréquentes
Peut-on vendre une maison présentant des fissures ?
La présence de fissures n'empêche pas la vente d'un bien immobilier. En revanche, il est indispensable d'en identifier l'origine, d'évaluer leur gravité et de vérifier leur évolution. Une expertise apporte un avis technique objectif, rassure les futurs acquéreurs et permet de sécuriser la transaction en toute transparence.
Pourquoi une fissure est apparue sur ma maison ?
Une fissure apparaît lorsqu'un bâtiment est soumis à des contraintes qu'il ne peut plus absorber. Son origine peut être liée aux mouvements du sol, aux fondations, au vieillissement des matériaux, à l'humidité ou à des modifications de la structure. Un diagnostic permet d'identifier précisément la cause de la fissure, d'évaluer son niveau de gravité et de mettre en œuvre les solutions les plus adaptées.
Une fissure de bâtiment est-elle toujours liée aux fondations ?
Non. Les fondations ne sont pas les seules responsables des fissures.
Comment surveiller l'évolution d'une fissure de ma maison ?
Pour surveiller l'évolution d'une fissure, il est recommandé d'installer un fissuromètre ou un témoin de fissure. Ces dispositifs permettent de mesurer avec précision les variations de l'ouverture de la fissure au fil du temps.